La leptospirose, une zoonose.

La leptospire, la bactérie responsable de la leptospirose

La leptospire, la bactérie responsable de la leptospirose

La leptospirose est une maladie développée par des chiens qui ont été infectés par des bactéries du genre Leptospira.

 

Pathogénie:

Les rongeurs vecteurs de la bactérie

Les rongeurs vecteurs de la bactérie

Les bactéries se multiplient dans le rein des rongeurs (souris, rats…) qui ne montrent aucun signe de la maladie puis contaminent l’environnement via leurs urines. L’humidité est nécessaire à leur survie dans le milieu extérieur, ainsi, elles seront retrouvées à proximité de mares, marais, eaux stagnantes… Les animaux se contaminent en entrant en contact avec ces surfaces souillées.

 

 

 

Les leptospires passent ensuite dans le sang puis disséminent dans tous l’organisme infectant particulièrement les reins, le foie, les poumons et quelques fois le système nerveux. L’incubation dure en moyenne 7 jours au même titre que la phase de réplication dans les tissus. Enfin, les bactéries sont excrétées dans les urines pendant très longtemps (plusieurs mois voire année).

Il semble que les mâles adultes ayant un mode de vie à risque (baignades fréquentes, chasse…) soient les plus touchés par cette maladie.

Chien mâle au comportement à risque

Chien mâle au comportement à risque

 

Expression clinique:

Celle-ci varie en fonction du statut immunitaire de l’animal infecté, de la virulence de la souche bactérienne concernée et de la quantité de bactéries qui auront contaminé l’animal. Ainsi, on distingue des formes aiguës ou suraiguës et une forme subclinique.

  • La forme aiguë:  elle se caractérise par l’expression d’une insuffisance rénale aiguë avec vomissements, glucosurie (glucose dans les urines) sans hyperglycémie, syndrome de polyuro-polydipsie, oligoanurie (l’animal n’urine presque plus) associée ou non à une forme ictéro-hémorragique avec diarrhée, vomissement et saignements digestifs.

  • La forme subclinique: ce sont des animaux qui ne présente aucun signe clinique mais dont les résultats de la sérologie sont positifs. On dit qu’ils sont porteurs asymptomatiques.

 

Diagnostic:

Il ne peut être posé que si l’infection par la bactérie est confirmée par des méthodes expérimentales.

La méthode de référence est la sérologie par technique de micro-agglutination qui consiste en la mise en contact du sérum du patient testé avec une culture de leptospires, si des anticorps sont présents dans le sérum, ils reconnaîtront les bactéries entraînant leur agglutination. Cependant, le diagnostic par sérologie ne pourra être concluant que s’il est effectué entre 10 à 15 jours après le début de l’infection. Par ailleurs, l’interprétation peut être rendue difficile lorsque l’animal est vacciné.

Il est possible d’associer cette technique avec la recherche directe des bactéries par PCR soit dès le début de l’infection dans le sang ou dans les 8 jours suivant le début de l’infection dans les urines. Cette technique permet une recherche plus précoce de la maladie tout en s’affranchissant des interférences avec la vaccination.

Ces deux techniques sont très souvent complémentaires.

 

Traitement:

Le traitement spécifique des leptospires passe par l’administration d’antibiotiques par voie intraveineuse d’abord puis par voie orale. Ensuite, un traitement symptomatique de soutien doit être mis en place: fluidothérapie (perfusion), antiémétiques (contre les vomissements), des hémodialyses peuvent parfois être nécessaires.

 

Pronostic (Hugonnard et al., ECVIM Congress 2009):

Dans 60% des cas, l’évolution est favorable mais les animaux gardent des séquelles (insuffisance rénale chronique, insuffisance hépatiques… Dans les autres cas, l’évolution se fait vers la mort de l’animal.

 

Prophylaxie:

La vaccination est recommandée pour les individus à risque

La vaccination est recommandée pour les individus à risque

Il existe des vaccins visant trois à quatre sérogroupes différents. Ils permettent la fabrication d’anticorps protecteurs contre les sérogroupes pour lesquels ils protègent mais pas les autres, ce qui explique qu’il existe des échecs vaccinaux.

La première année, il convient de réaliser deux injections à un mois d’intervalle puis un rappel tous les ans, voire tous les 6 mois pour les chiens vraiment à risque. Généralement, le vaccin contre la leptospirose est réalisé en même temps que les vaccinations contre les autres maladies.

 

 

 

Une zoonose:

L’Homme peut être contaminé au même titre que le chien par la bactérie. L’infection se caractérise alors par un syndrome fébrile associé à des lésions rénales, hépatiques et pulmonaires pouvant aller jusqu’à la mort de l’individu. Toutefois, le risque de transmission reste faible et concerne surtout les enfants et les personnes immunodéprimées. Il convient d’éviter les contacts avec de l’urine et de désinfecter les zones souillées par des l’urine.