La maladie de Carré, la maladie du jeune chien.

La maladie de Carré (Canine distemper en anglais) est une maladie développée par le chien suite à son infection par un virus de la famille des Paramyxoviridae du genre Morbilivirus proche du virus de la rougeole de l’Homme. S’il est peut subsister dans le milieu extérieur lorsque la température est proche de 0 à 4°C, il est rapidement détruit lorsque la température augmente. Tous les carnivores peuvent être atteints, en particulier les canidés (chiens, renard…), les mustélidés (vison, furet, blaireau) et les grands félins (lion, tigre, panthère… le chat ne semble pas développer de symptôme en cas d’infection par le virus).

 

Le mode de transmission:

La transmission se fait par voie aérienne, directe. Le virus est excrété dans de nombreuses sécrétions (fèces, urines…) dès 7 jours après l’infection et pendant une longue période pouvant aller jusqu’à 3 mois. Lorsque le virus circule dans le sang, les femelles gestantes sont susceptibles de contaminer leur fœtus.

 

 

La Pathogénicité:

Après avoir pénétré dans l’organisme, le virus se multiplie dans les tissus abritant le système immunitaire associé aux voies respiratoires supérieures. Il dissémine ensuite dans l’organisme par les voies lymphatiques. Cette phase peut durer 3 à 6 jours après l’infection et est souvent accompagnée de fièvre. Ensuite, la virémie s’installe (le virus passe dans le sang) et les signes cliniques associés varient en fonction de la réponse immunitaire mise en place par l’individu malade. Si la réponse de l’organisme de bonne qualité, l’agent pathogène est neutralisé et éliminé. Lorsqu’au contraire, la réponse immunitaire est trop faible, le virus se multiplie et engendre une maladie généralisée sévère qui s’exprime deux semaines après l’infection, la mort survient alors en quelques semaines. Enfin, si la réponse immunitaire est de qualité intermédiaire, le virus se multiplie et engendre l’apparition de signes cliniques qui disparaissent lorsque le nombre d’anticorps est suffisant pour neutraliser l’agent pathogène. La maladie devient alors chronique.

 

 

Les signes cliniques;

Ils sont multiples et dépendent de l’organe touché.

  • Les signes respiratoires: on observe une gêne respiratoire, du jetage purulent, une toux forte ainsi que des signes de broncho-pneumonie.

  • Les signes oculaires: une conjonctivite muco-purulente bilatérale se développe souvent suivie par une kérato-conjonctivite sèche. En fin d’évolution

    de la maladie, une uvéite ou une chorio-rétinite peuvent apparaitre au même titre qu’une perte de la vision liée à une atteinte du nerf optique.

  • Les signes digestifs: une gastro-entérite sévère (diarrhée, vomissements) parfois hémorragique peut entraîner la mort de l’animal par déshydratation.

  • Les signes cutanés: érythèmes, pustules, épaississement de la truffe et des coussinets.

  • Les signes nerveux: ils sont extrêmement variés pouvant aller de simples pertes de l’équilibre à une parésie ou une paralysie, des convulsions…

  • avortements, mortinatalités…

Chiot présentant des signes oculaires, cutanés et respiratoires

Chiot présentant des signes oculaires, cutanés et respiratoires

 

Le diagnostic:

La suspicion diagnostique se fait sur la base des signes cliniques: jetage oculo-nasal purulent associé à une gastro-entérite  et hyperthermie chez un chiot de 3 à 6 mois non vacciné. Cependant, un diagnostic de laboratoire sera souvent nécessaire pour confirmer la suspicion. La maladie de Carré est considérée comme un vice rédhibitoire par le loi du 22 juin 1989.

 

Le traitement:

Il dépendra des signes cliniques développé par l’animal et consistera à soutenir les fonctions vitales, éviter la déshydratation, couvrir les besoins énergétiques par une ré-alimentation. Une antibiothérapie permettra de limiter les surinfections secondaires.

 

La prophylaxie:

Elle passe par la prophylaxie sanitaire (désinfection des locaux, isolement des animaux pendant 15 jours) mais la prévention de la maladie se fait principalement grâce à la vaccination. Elle est réalisé des deux mois, la primo-vaccination consiste en deux ou trois injections à un mois d’intervalle et d’un rappel un an après. Le rappel de vaccination se fait tous les ans voire tous les trois ans en fonction de la souche vaccinale utilisée.